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Népotisme et mauvaise foi: Jean Sarkozy à l’EPAD

16 octobre 2009 2 commentaires

Il y a quelques temps, nous avons appris avec une certaine surprise la future élection de M. Jean Sarkozy au poste de président de l’EPAD. Pour y parvenir, il aura bénéficié du retrait de M. Marseille, administrateur de l’EPAD et représentant du département des Hauts de Seine au sein du conseil d’administration. Dans cette affaire, 3 personnes ou groupes de personnes ont illustré tour à tour ce que l’on peut observer de pire dans le jeu politique. Jean Sarkozy, les membres du conseil d’administration de l’EPAD, ainsi que les personnalités de la droite ayant volé au secours du « dauphin ».

Futur président de l'EPAD

Jean Sarkozy, futur président de l'EPAD ?

Clarifions d’entrée que le problème est bien celui de la compétence, de l’expérience de M. Sarkozy, et non celui de son âge, ni de sa légitimité juridique. Les jeunes ont le droit de vouloir s’investir, et en tant que conseiller général, M. Sarkozy a le droit d’accéder à ce conseil d’administration. Mais personne ne peut nier que disposer d’un bac+1 pour diriger une structure de cette importance semble un peu léger. Rappelons que la Défense est le premier quartier d’affaires européen, dont l’administration intéresse donc le pays tout entier, et non les seuls habitants des communes limitrophes.

Commençons donc par les membres du conseil d’administration de l’EPAD, au premier rang desquels M. Hervé Marseille. Difficile de ne pas voir dans leur attitude, et dans le retrait de M. Marseille,  une servilité à l’égard du nom même de Sarkozy. La pire des censures, c’est l’auto-censure. Quand le pouvoir n’a même plus besoin de donner de consignes, mais que ses représentants agissent uniquement dans le but de plaire à l’échelon supérieur. En leur âme et conscience, je n’ose imaginer que les membres de ce conseil considèrent que parmi tous les candidats possibles, et chacun sait qu’ils sont nombreux, Jean Sarkozy soit le plus compétent. L’inéluctabilité de l’élection, affichée d’emblée, paraît donc pour le moins douteuse.

Ensuite, les différentes personnalités de la droite qui ont tenté de défendre l’indéfendable, faisant preuve d’une mauvaise foi inébranlable. M. Chatel est allé jusqu’à évoquer une « chasse à l’homme » à l’encontre de M. Sarkozy, dans un amalgame que les plus audacieux auraient refusé d’imaginer. Il y a ceux qui font semblant de croire que la critique porte sur l’âge de M. Sarkozy (Guaino), défendant haut et fort la possibilité pour les jeunes d’accéder aux responsabilités, ce que personne ne conteste. Il y a ceux qui insistent lourdement sur la « légitimité », faisant de la question un simple problème juridique – et de ce point de vue, la procédure est respectée – omettant volontairement que si le candidat a techniquement le droit d’être élu (grâce à la servilité sus-mentionnée), il n’est certainement pas le plus qualifié pour ce poste (Jouanno, Copé, Pécresse). Et il y a ceux, mes préférés, qui contre vents et marées, poussent le ridicule jusqu’à affirmer que oui, M. Jean Sarkozy est bien le plus qualifié pour ce poste (Mme Balkany). Signalons au passage que si M. Jean Sarkozy est véritablement le mieux placé, l’avenir est sombre pour l’UMP dans les Hauts de Seine, dont les élus, malgré leur âge parfois avancé, ne parviennent pas à justifier de plus de deux ans d’expérience et un niveau bac+1.

Tous concentrent leurs réactions sur l’un ou l’autre aspect (validité juridique, promotion de la jeunesse…), mettant de côté le véritable problème, l’expérience et la formation plus que lacunaire du candidat.

Enfin, le premier responsable de toute cette affaire, M. Jean Sarkozy lui-même. M. Sarkozy, a certes été élu conseiller général dans son canton, puis président du groupe UMP de ce même conseil général, mais pense-t-il sérieusement qu’il serait arrivé là si son nom avait été différent ? Combien de jeunes de son âge parviennent à ces responsabilités ? Est-ce vraiment un hasard si c’est tombé sur lui ? Est-ce vraiment de par son seul talent, que des responsables dans son parti, plus âgés et plus expérimentés (encore un petit coucou à M. Marseille), plus qualifiés aussi, se sont effacés pour lui permettre de gravir ces échelons ? Comment peut-il ne pas au minimum en douter ?

Il travaille dans le cadre de ses fonctions, personne ne songe à lui retirer cela. Il souhaite être jugé sur ses actes, et qu’il soit rassuré, il le sera. Mais il ne s’agit pas de cela ici. Il s’agit de savoir s’il est le meilleur candidat à ce poste, et la réponse est non. Je le sais, la France entière le sait, lui-même le sait. Ce qui veut dire que s’il accède à cette responsabilité, ce ne sera pas du fait de sa compétence et de son expérience, mais d’autre chose. De quoi peut-il donc s’agir ? Est-ce qu’une quelconque autre considération que celle de la compétence devrait rentrer en ligne de compte dans le cas présent ?

Outre ces questions, je voudrais signaler au jeune candidat qu’il s’agit là d’un très mauvais départ pour sa carrière politique (qui n’en est encore qu’à ses débuts, soyons-en sûrs). Je lui concède une certaine habileté dans ses propos, qui ne résistent cependant pas à l’examen. Oui, M. Sarkozy sera toujours particulièrement observé et critiqué du fait de sa filiation. Mais ce n’est pas pour cela que les critiques seront injustifiées, et en l’occurrence, justifiées, elles le sont. Sachant qu’il subira l’examen constant, M. Sarkozy devrait au contraire faire profil bas, achever sa formation, et progresser lentement comme toute personne souhaitant s’investir en politique.

En conclusion, on constate que les élus de droite ont démontré qu’ils étaient capables de défendre le népotisme, quasiment unanimement. Que certains plaçaient plus haut sur leur échelle de valeurs le service à la hiérarchie partisane que l’honnêteté intellectuelle.

Il faudra s’en souvenir en 2012.

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