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Les charters et l’Afghanistan, une question de principe ?

Il y a quelques jours, la France a renvoyé par charter trois ressortissants afghans dans leur pays, pourtant encore largement perturbé par les conflits qui s’y déroulent, et qui nécessitent la présence de forces armées internationales. De nombreuses associations et personnalités se sont élevées contre ce qu’ils considèrent comme un nouveau durcissement à l’égard des étrangers.

La question de l’immigration en France est une question épineuse, qu’il est impossible de résumer en une note de blog. Néanmoins, certains faits nous indiquent comment chaque parti envisage la chose, et le renvoi récent de trois Afghans dans leur pays d’origine nous renseigne sur la façon dont la droite prend en charge la mission qu’elle s’est donnée, au travers du Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité sociale et du développement solidaire (ouf !).

Il me semble qu’au-delà de la simple question de l’immigration, le renvoi d’étrangers dans leur pays encore en guerre pose la question des limites de la capacité d’accueil de la France, et de celle des principes régissant l’accueil. C’est l’argument invoqué par les opposants à ces expulsions, la question de principe. La France est une terre d’accueil, par tradition. Mais cette tradition est fondée sur de grands principes, énoncés en partie dans le préambule de la Constitution du 27 Octobre 1946. « Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République ». Quand on sait que les Talibans en sont à trancher les mains de ceux qui osent aller voter, il est normal d’envisager de pouvoir accueillir ces gens.

Je crois qu’on peut reconnaître le caractère des gens (et des pays) aux principes qu’ils respectent, et à ceux auxquels ils sont prêts à faire des entorses. Bien sûr, il serait impossible d’accueillir l’ensemble de la population afghane terrorisée, mais il ne faut pas oublier que cet accueil doit être provisoire, et que les réfugiés de guerre n’ont pas vocation à rester sur le territoire éternellement. C’est d’ailleurs le sens de la présence européenne en Afghanistan, qui doit permettre à ces personnes de regagner leur pays le plus rapidement possible, mais en sécurité cette fois.

Si l’on venait à apprendre que l’un des trois Afghans renvoyés était mort dans un attentat, quelle serait la responsabilité de la France ? Le réfugié de guerre obéit à une logique plus impérieuse que l’immigré « économique ». Il ne s’agit pas seulement pour lui de trouver une vie meilleure, il s’agit de conserver la vie. Voilà un grand principe qui mérite d’être défendu.

Les défenseurs de ces charters (M. Besson, M. Fillon) se sont ingéniés à placer cette question dans le contexte global du débat sur l’immigration, mais les Afghans, à l’heure actuelle, restent un cas particulier, et qui devrait être traité comme tel, avec un surcroît d’humanité (qui ne semble pas être la qualité première du ministre actuel).

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