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UMP et PC Chinois, le lien improbable

7 décembre 2009 Laisser un commentaire

Le 22 octobre 2009, UMP français et PC chinois ont signé un memorandum d’entente. Un terme à peu près aussi vague que son contenu, mais qui ne manque pas de surprendre.

L’information n’a pas suscité énormément d’émoi, principalement parce que ces derniers temps, les medias ne nous laissent plus vraiment le temps de nous émouvoir de quoi que ce soit plus de deux jours. Paradoxalement, c’est au sein même de l’UMP que cette signature a généré le plus de réactions, ce qui prouve que tout esprit n’est pas entièrement mort au sein de cette formation politique. Lionnel Luca, député UMP et président du groupe d’études sur le TIbet à l’Assemblée, n’a pas apprécié et s’est mis en congé des instances de son parti. D’autres voix se sont élevées pour critiquer ce geste politique (M. Plagnol, M. Tian), que Xavier Bertrand a tenté en vain de justifier.

Car si l’on peut comprendre que l’on cherche à se rapprocher de la Chine, pour des raisons géopolitiques évidentes, et malgré les griefs légitimes que le pays des Droits de l’Homme peut avoir envers l’ex-Empire du milieu, on a du mal à voir ce que le Parti Communiste Chinois peut avoir en commun avec l’UMP.

Comment interpréter ce rapprochement, alors ? Une seule possibilité: la volonté de donner à l’UMP un caractère international, à tout prix, donc. M. Bertrand a eu beau nous expliquer avec son plus beau sourire que la Chine était une puissance que l’on ne pouvait se permettre d’ignorer, on y a cru autant que quand les gouvernants chinois, tout sourire aussi, nous promettent de faire des efforts sur les droits de l’Homme. M. Bertrand a essayé de nous convaincre que Chine et Parti Communiste chinois étaient la même chose. On ose pourtant bien espérer que non !

Même si le Parti Communiste Chinois n’a plus guère de communiste que le nom en matière d’économie, cet accord de partenariat ne manquera pas de faire s’interroger les militants et sympathisants de droite. Jusqu’où les dirigeants de l’UMP sont-ils prêts à aller pour exister sur la scène internationale ? Peut-être que la junte birmane est également partante pour organiser des réunions annuelles ? Ou alors des petits-déjeuners d’affaires avec Kim Jong-Il ?

Au nom de la Realpolitik, pourquoi pas, après tout ? En tout cas, ce serait une première mondiale…

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La Justice en France, un sacerdoce

6 décembre 2009 Laisser un commentaire

Parmi toutes les valeurs généralement attribuées à la droite, celle qui vient le plus rapidement à l’esprit est l’obsession de la sécurité, particulièrement en ce moment, à l’approche de nouvelles élections. La police, et l’augmentation des effectifs dans ses rangs, a donc bénéficié des attentions du gouvernement, en particulier depuis que M. Sarkozy est en position de prendre des décisions sur le sujet. On pourrait considérer que police et justice vont main dans la main, et que pour s’assurer que le système de protection des citoyens soit efficace, il faut que les deux bénéficient des moyens adéquats.

D’un autre côté, la justice peut également apparaître comme un cheval de bataille de la gauche. Elle qui est prompte à défendre les petits contre les puissants, et à accuser le système de privilégier les riches face aux pauvres. Thème de campagne de Mme Royal aux dernières présidentielles (« l’Ordre juste »), on pourrait légitimement s’attendre à ce que la gauche favorise l’attribution de moyens à l’institution judiciaire.

On aboutit donc à un paradoxe. La Justice est un domaine cher au cœur des deux principales familles politiques, qui chacune pour ses raisons, est prête à clamer haut et fort qu’une justice forte, indépendante, est seule à même de protéger ses valeurs et le peuple français. Qui plus est, la France est depuis longtemps maintenant un pays de droits, et notamment de droits de l’Homme. Cela devrait suffire à faire de cette institution la cible de toutes les attentions, non ? Et pourtant, l’état de notre justice est l’un des plus déplorables du continent européen.

Le documentaire diffusé récemment sur Canal Plus donnait un chiffre très simple, qui réussit à résumer à lui seul à la fois l’état dramatique de notre justice et son efficacité. La France dépense deux fois moins (par habitant) pour la Justice que l’Allemagne ou l’Angleterre. Qu’est-ce que cela veut dire ? D’abord que le budget alloué à la Justice est indigne d’un pays comme le nôtre. Avoir le 29ème budget européen en matière de Justice, quand on est le pays des droits de l’Homme, a de quoi surprendre. Ce que ça veut dire également, c’est que l’efficacité de notre système est à son paroxysme. Envisagerait-on un autre pays où avec deux fois moins de moyens, on réussirait à éviter l’implosion totale de l’institution ?

L’une des forces de la France, c’est la très grande compétence de ses professionnels, leur productivité, et cela semble également être le cas dans un domaine aussi compliqué que celui de la Justice. Depuis quelques années déjà, les avocats, les magistrats, tous les corps de métier tirent la sonnette d’alarme, et demande que l’on s’occupe un peu d’eux. A son arrivée au pouvoir, M. Sarkozy avait donc l’opportunité de faire du chantier de la Justice une priorité. Donner des moyens à une institution qui, de l’avis de tous, bénéficie à l’ensemble de la population lorsqu’elle fonctionne correctement. M. Sarkozy a-t-il saisi cette opportunité ? Pas du tout.

Dès son arrivée à la Chancellerie, Mme Dati a eu la lourde tâche de faire passer la réforme de la Justice. Comprendre : tirer encore un peu plus sur la corde de l’efficacité, réduire le nombre de tribunaux, dont certains, avec le peu de moyens dont ils disposaient, coûtaient encore trop chers. On en imagine la difficulté. Faire accepter à des professionnels, qui depuis longtemps réclament plus de moyens, que non seulement ils n’en auront pas, mais qu’ils devront encore augmenter leur productivité, la suppression de certains tribunaux se traduisant pour beaucoup par une perte de temps (trajets rallongés, transferts de dossiers) qu’il faut bien rattraper quelque part.

Non content de maintenir la Justice dans un état de besoin permanent (malgré une faible augmentation de budget annuelle), M. Sarkozy a maintenant également envisagé de s’attaquer au symbole, à ce qui devrait rester à la Justice envers et contre tout : son indépendance. La critique de l’indépendance de la Justice, fréquente à gauche, pouvait en effet être battue en brèche par l’existence du juge d’instruction, qui a démontré par le passé que même les puissants n’étaient pas à l’abri. Bien sûr, on pouvait toujours arguer que certains passaient entre les mailles du filet, mais quelques affaires emblématiques (portées par des juges tout aussi emblématiques : Mme Joly, M. Halphen, M. Van Ruymbeke…) ont envoyé un message clair : la Justice s’applique à tous les citoyens, quels qu’ils soient. D’où vient cette volonté de supprimer ce juge ? Très bonne question, dont la réponse n’a pas été d’une clarté absolue. Pour ma part, j’ai cru entendre une fois de plus parler d’efficacité, de simplification. Bref, encore une fois, travailler encore plus (encore mieux ?) avec autant de moyens, pour gagner autant. Ça fait rêver, forcément.

Comme l’a dit le blogueur Eolas, on sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne. Et considérant les dispositions du gouvernement actuel à l’égard de la Justice, on ne peut que s’inquiéter. Comment ne pas y voir une reprise en main, la volonté de restreindre un peu plus la liberté, l’indépendance d’une institution qui pourtant, de l’aveu de tous, ne peut jouer pleinement son rôle que si on lui conserve ce privilège ?

On pourrait en dire également beaucoup sur l’aspect législatif, et sur les contraintes imposées à la Justice par l’intermédiaire des lois votées au Parlement, mais sur ce sujet, Eolas sera beaucoup plus éloquent.

Ce que je peux dire en conclusion, c’est que le pouvoir peut se réjouir de n’avoir pas encore vu sous ses fenêtres un mouvement conjoint de toutes les professions de Justice, mais que ce n’est pas grâce à son action. Ces professions ont deux malheurs : d’abord elles représentent un nombre relativement restreint de professionnels (et pour cause !), deuxièmement elles représentent un monde à part, de professionnels qu’on suppose le plus souvent privilégiés (même si une bonne partie des avocats travaillent au SMIC), et qui ne bénéficient dès lors pas de la solidarité des syndicats, prompts à défendre les cheminots et autres classes « ouvrières ».

Néanmoins, il me semble que pour que la France puisse continuer à s’appeler le pays des droits de l’Homme, il serait temps qu’on donne à la justice les véritables moyens de les défendre. Pour ma part, je ne pourrai soutenir en 2012 qu’un candidat qui en fera une véritable priorité. Tâchons de transformer un motif d’embarras en motif de fierté !

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Les charters et l’Afghanistan, une question de principe ?

Il y a quelques jours, la France a renvoyé par charter trois ressortissants afghans dans leur pays, pourtant encore largement perturbé par les conflits qui s’y déroulent, et qui nécessitent la présence de forces armées internationales. De nombreuses associations et personnalités se sont élevées contre ce qu’ils considèrent comme un nouveau durcissement à l’égard des étrangers.

La question de l’immigration en France est une question épineuse, qu’il est impossible de résumer en une note de blog. Néanmoins, certains faits nous indiquent comment chaque parti envisage la chose, et le renvoi récent de trois Afghans dans leur pays d’origine nous renseigne sur la façon dont la droite prend en charge la mission qu’elle s’est donnée, au travers du Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité sociale et du développement solidaire (ouf !).

Il me semble qu’au-delà de la simple question de l’immigration, le renvoi d’étrangers dans leur pays encore en guerre pose la question des limites de la capacité d’accueil de la France, et de celle des principes régissant l’accueil. C’est l’argument invoqué par les opposants à ces expulsions, la question de principe. La France est une terre d’accueil, par tradition. Mais cette tradition est fondée sur de grands principes, énoncés en partie dans le préambule de la Constitution du 27 Octobre 1946. « Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République ». Quand on sait que les Talibans en sont à trancher les mains de ceux qui osent aller voter, il est normal d’envisager de pouvoir accueillir ces gens.

Je crois qu’on peut reconnaître le caractère des gens (et des pays) aux principes qu’ils respectent, et à ceux auxquels ils sont prêts à faire des entorses. Bien sûr, il serait impossible d’accueillir l’ensemble de la population afghane terrorisée, mais il ne faut pas oublier que cet accueil doit être provisoire, et que les réfugiés de guerre n’ont pas vocation à rester sur le territoire éternellement. C’est d’ailleurs le sens de la présence européenne en Afghanistan, qui doit permettre à ces personnes de regagner leur pays le plus rapidement possible, mais en sécurité cette fois.

Si l’on venait à apprendre que l’un des trois Afghans renvoyés était mort dans un attentat, quelle serait la responsabilité de la France ? Le réfugié de guerre obéit à une logique plus impérieuse que l’immigré « économique ». Il ne s’agit pas seulement pour lui de trouver une vie meilleure, il s’agit de conserver la vie. Voilà un grand principe qui mérite d’être défendu.

Les défenseurs de ces charters (M. Besson, M. Fillon) se sont ingéniés à placer cette question dans le contexte global du débat sur l’immigration, mais les Afghans, à l’heure actuelle, restent un cas particulier, et qui devrait être traité comme tel, avec un surcroît d’humanité (qui ne semble pas être la qualité première du ministre actuel).

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Brève : Jean Sarkozy abandonne

Dénonçant des « manipulations » de la part de professionnels de la « désinformation », Jean Sarkozy décide de leur donner raison, de son point de vue, en laissant tomber en définitive la présidence de l’EPAD. Je l’en remercie.

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La liberté de la presse régresse en France

22 octobre 2009 1 commentaire

Loin d’être parfait, le classement de Reporters Sans Frontières sur la liberté de la presse permet au moins d’avoir une estimation des progrès effectués. Lorsque progrès il y a, bien sûr, ce qui n’est pas le cas pour la France, qui perd 8 places et qui voit sa note diminuer par rapport 2008 (enfin augmenter, l’échelle étant inversée).

Bilan : 43ème place sur les 175 pays présents dans le classement, ce qui nous place tout juste dans le premier quart de la classe. Et surtout, entre le Surinam (42) et le Cap-Vert (44), derrière des pays comme l’Uruguay (29) ou le Mali (31)

A quoi sont dus ces résultats ? Ce n’est pas lié à la qualité éditoriale des journaux (contrairement à ce que voudrait nous faire croire M.Lefebvre, prochain héros d’une rubrique qui lui sera consacrée), mais aux pressions répétées sur les journalistes français. Parmi celles-ci, on citera les gardes à vue et autres mises en examen, ainsi que quelques perquisitions, dans les bureaux du Canard Enchaîné, par exemple. Relativement fréquentes dans nos contrées, ces procédures légales sont le fruit de la frontière toujours difficile à établir de la liberté d’expression. Pas évident donc de faire un amalgame et de pouvoir dire : « elles sont toutes abusives » ou « elles sont toutes justifiées ». Mais la France a également perdu quelques points suite à la réforme de l’audiovisuel public.

Depuis cette réforme en effet, le Président de la République a le pouvoir de nommer le président de France Télévisions. Les événements récents (cf billet précédent) ont démontré qu’on ne manquait pas en France de personnes ayant à cœur de faire plaisir à notre président, ce qui laisse craindre le pire pour les années à venir. M. de Carolis se défend comme il peut, mais il est à craindre que ses efforts ne se révèlent inutiles. Il devrait aller sans dire que l’exécutif ne devrait pas s’immiscer dans le médiatique, mais apparemment il s’agit d’une idée qui ne paraît pas évidente à tous les démocrates de ce pays.

La liberté de la presse, la liberté de parole, sont des garanties que seules peuvent accorder les véritables démocraties. Il faut donc s’assurer que ces libertés sont respectées, et même être particulièrement vigilants, car ce sont les libertés les plus facilement attaquables. Les médias font une cible facile pour les hommes politiques, et ils sont loin d’être parfaits. Mais la stratégie est connue : plutôt que de se remettre en cause, on attaque celui qui a pointé du doigt vos erreurs. On n’a pas entendu M.Lefebvre critiquer les médias lorsque l’on voyait M.Sarkozy partout, à la suite de son élection. On apprécierait qu’il s’abstienne également en l’occurrence de ce genre de commentaires.

La liberté de la presse en France peut progresser, ou régresser. On voit dans quel sens elle se dirige actuellement. Il faudra s’en souvenir en 2012.

http://www.rsf.org/fr-classement1001-2009.html

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Népotisme et mauvaise foi: Jean Sarkozy à l’EPAD

16 octobre 2009 2 commentaires

Il y a quelques temps, nous avons appris avec une certaine surprise la future élection de M. Jean Sarkozy au poste de président de l’EPAD. Pour y parvenir, il aura bénéficié du retrait de M. Marseille, administrateur de l’EPAD et représentant du département des Hauts de Seine au sein du conseil d’administration. Dans cette affaire, 3 personnes ou groupes de personnes ont illustré tour à tour ce que l’on peut observer de pire dans le jeu politique. Jean Sarkozy, les membres du conseil d’administration de l’EPAD, ainsi que les personnalités de la droite ayant volé au secours du « dauphin ».

Futur président de l'EPAD

Jean Sarkozy, futur président de l'EPAD ?

Clarifions d’entrée que le problème est bien celui de la compétence, de l’expérience de M. Sarkozy, et non celui de son âge, ni de sa légitimité juridique. Les jeunes ont le droit de vouloir s’investir, et en tant que conseiller général, M. Sarkozy a le droit d’accéder à ce conseil d’administration. Mais personne ne peut nier que disposer d’un bac+1 pour diriger une structure de cette importance semble un peu léger. Rappelons que la Défense est le premier quartier d’affaires européen, dont l’administration intéresse donc le pays tout entier, et non les seuls habitants des communes limitrophes.

Commençons donc par les membres du conseil d’administration de l’EPAD, au premier rang desquels M. Hervé Marseille. Difficile de ne pas voir dans leur attitude, et dans le retrait de M. Marseille,  une servilité à l’égard du nom même de Sarkozy. La pire des censures, c’est l’auto-censure. Quand le pouvoir n’a même plus besoin de donner de consignes, mais que ses représentants agissent uniquement dans le but de plaire à l’échelon supérieur. En leur âme et conscience, je n’ose imaginer que les membres de ce conseil considèrent que parmi tous les candidats possibles, et chacun sait qu’ils sont nombreux, Jean Sarkozy soit le plus compétent. L’inéluctabilité de l’élection, affichée d’emblée, paraît donc pour le moins douteuse.

Ensuite, les différentes personnalités de la droite qui ont tenté de défendre l’indéfendable, faisant preuve d’une mauvaise foi inébranlable. M. Chatel est allé jusqu’à évoquer une « chasse à l’homme » à l’encontre de M. Sarkozy, dans un amalgame que les plus audacieux auraient refusé d’imaginer. Il y a ceux qui font semblant de croire que la critique porte sur l’âge de M. Sarkozy (Guaino), défendant haut et fort la possibilité pour les jeunes d’accéder aux responsabilités, ce que personne ne conteste. Il y a ceux qui insistent lourdement sur la « légitimité », faisant de la question un simple problème juridique – et de ce point de vue, la procédure est respectée – omettant volontairement que si le candidat a techniquement le droit d’être élu (grâce à la servilité sus-mentionnée), il n’est certainement pas le plus qualifié pour ce poste (Jouanno, Copé, Pécresse). Et il y a ceux, mes préférés, qui contre vents et marées, poussent le ridicule jusqu’à affirmer que oui, M. Jean Sarkozy est bien le plus qualifié pour ce poste (Mme Balkany). Signalons au passage que si M. Jean Sarkozy est véritablement le mieux placé, l’avenir est sombre pour l’UMP dans les Hauts de Seine, dont les élus, malgré leur âge parfois avancé, ne parviennent pas à justifier de plus de deux ans d’expérience et un niveau bac+1.

Tous concentrent leurs réactions sur l’un ou l’autre aspect (validité juridique, promotion de la jeunesse…), mettant de côté le véritable problème, l’expérience et la formation plus que lacunaire du candidat.

Enfin, le premier responsable de toute cette affaire, M. Jean Sarkozy lui-même. M. Sarkozy, a certes été élu conseiller général dans son canton, puis président du groupe UMP de ce même conseil général, mais pense-t-il sérieusement qu’il serait arrivé là si son nom avait été différent ? Combien de jeunes de son âge parviennent à ces responsabilités ? Est-ce vraiment un hasard si c’est tombé sur lui ? Est-ce vraiment de par son seul talent, que des responsables dans son parti, plus âgés et plus expérimentés (encore un petit coucou à M. Marseille), plus qualifiés aussi, se sont effacés pour lui permettre de gravir ces échelons ? Comment peut-il ne pas au minimum en douter ?

Il travaille dans le cadre de ses fonctions, personne ne songe à lui retirer cela. Il souhaite être jugé sur ses actes, et qu’il soit rassuré, il le sera. Mais il ne s’agit pas de cela ici. Il s’agit de savoir s’il est le meilleur candidat à ce poste, et la réponse est non. Je le sais, la France entière le sait, lui-même le sait. Ce qui veut dire que s’il accède à cette responsabilité, ce ne sera pas du fait de sa compétence et de son expérience, mais d’autre chose. De quoi peut-il donc s’agir ? Est-ce qu’une quelconque autre considération que celle de la compétence devrait rentrer en ligne de compte dans le cas présent ?

Outre ces questions, je voudrais signaler au jeune candidat qu’il s’agit là d’un très mauvais départ pour sa carrière politique (qui n’en est encore qu’à ses débuts, soyons-en sûrs). Je lui concède une certaine habileté dans ses propos, qui ne résistent cependant pas à l’examen. Oui, M. Sarkozy sera toujours particulièrement observé et critiqué du fait de sa filiation. Mais ce n’est pas pour cela que les critiques seront injustifiées, et en l’occurrence, justifiées, elles le sont. Sachant qu’il subira l’examen constant, M. Sarkozy devrait au contraire faire profil bas, achever sa formation, et progresser lentement comme toute personne souhaitant s’investir en politique.

En conclusion, on constate que les élus de droite ont démontré qu’ils étaient capables de défendre le népotisme, quasiment unanimement. Que certains plaçaient plus haut sur leur échelle de valeurs le service à la hiérarchie partisane que l’honnêteté intellectuelle.

Il faudra s’en souvenir en 2012.

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